Où on voit rouge quand un vallon blanc se tranforme en piste rouge sous l'oeil à droite du Balaïtous, et quand une cabane de berger en pierres se transforme en bar à frites et à fric.
J'ai eu la faiblesse d'en prendre 2187, au Népal ; je ne sais pas pourquoi j'éprouve un tel plaisir à regarder l'harmonie des choses dans un rectangle ; et à faire retentir, de l'index droit, la douce musique du déclencheur pour figer ce cadre... et en même temps lui donner vie...
Oh là là je me lâche, j'oubliais que c'est " à demi-mot "
Bon, nous voilà revenus... des images plein la tête...
accablés par la chaleur humide dans la zône des collines préhimalayennes ;
désespérés par le mauvais temps humide en moyenne montagne (pluie et brouillard) ;
bouffés par les sangsues...
surpris par un créneau météo inespéré qui nous a permis de voir la face nord du Kangchenjunga et de réussir in extremis le sommet de 6000 ( 6006 m exactement !)...
Impressionnés par l'ampleur et la diversité des paysages (collines cultivées en terrasses, gorges profondes avec passerelles audacieuses, forêts luxuriantes de rhododendrons et de pins géants, bois de bambous...) l'harmonie des villages traversés, l'isolement des populations du nord, l'exceptionnel travail de nos porteurs.
Cette chronique s'interrompt donc ce mois d'octobre.
Les fascinantes hautes altitudes nous attendent. On pensera à vous, qui au même moment, travaillez dans la joie, coulez une plus ou moins douce retraite, rêvez de désert, ou de ski en Norvège, ou de chateaux en Médoc, cueillez des fleurs ou contemplez les Annapurnas...